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Cet axe de recherche examine les enjeux sécuritaires au Sahel et dans la région des Grands Lacs en traitant notamment des mouvements armés, de l'économie des trafics et des tensions autour des ressources naturelles.
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    Français
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    Alain ANTIL, responsable du Programme Afrique subsaharienne de l'Ifri, rappelle le caractère inégal des dynamiques de croissance africaines, et s'interroge sur les modalités d'insertion du Continent noir dans une mondialisation complexe.

    Mardi 05 Septembre 2017
    Alain ANTIL
    Délai de publication: 
    0jours

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    Français
    Kamwina Nsapu, mars 2017

    Depuis le début du siècle, le complexe humanitaro-onusien est situé dans la partie orientale de la RDC et plus particulièrement dans les provinces du Sud et Nord-Kivu.

    Le fait que les Kasaï soient enclavés, hors du champ d’intérêt de la communauté internationale, a fortement contribué au développement de ce qui est maintenant devenu une crise majeure tant sur le plan humanitaire que sur le plan politique. Il aura fallu l’assassinat de deux experts des Nations unies dans la province du Kasaï central en mars 2017 (Michael Sharp et Zaida Catalán) pour que la tragédie des Kasaï attire l’attention de la communauté internationale. Pourtant les massacres ont débuté bien avant cela. En effet, la crise a débuté en juillet 2016 par des violences policières contre la famille du chef traditionnel luba Jean Prince Mpandi, le Kamwina Nsapu, lors d’une perquisition à son domicile. Cet incident est le point de départ d’une série de représailles entre partisans du Kamwina Nsapu et forces gouvernementales, sur fond de revendications coutumières. Comme souvent, le régime a répondu à cette contestation locale par une répression brutale : depuis août 2016, 1,3 million de personnes a dû quitter les provinces du Kasaï, parmi lesquelles plus de 600 000 enfants. Cinquante-deux fosses communes ont été localisées et selon l’Église catholique, plus de 3 000 personnes auraient été tuées.

    Si la localisation de cette crise est inédite (les Kasaï ont été assez largement épargnés par les guerres de succession post-mobutiste), ses modalités sont au contraire très familières. Cette crise sécuritaire provoque une crise humanitaire dans une région oubliée mais importante du pays, et permet de justifier un report des élections présidentielles, notamment le maintien du président Kabila au pouvoir. 

    La crise au Kasaï met en lumière la stratégie d’instrumentalisation de l’insécurité du gouvernement de Joseph Kabila, et rappelle fortement les manœuvres de Mobutu dans les années 1990.

     

    Situées dans la partie sud-ouest du pays, les provinces des Kasaï ne font pas partie des zones d’attention de la communauté internationale en République démocratique du Congo.

    Du désordre comme art de gouverner. La rébellion Kamwina Nsapu, un symbole du mal congolais
    Jeudi 07 Septembre 2017
    Couverture Rébellion Kasaï.jpg
    Marc-André LAGRANGE
    Notes de l'Ifri, septembre 2017
    Délai de publication: 
    0jours
    ID CRM Eudonet: 
    11533

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    Français

    Pistes désertes, maisons détruites, enclos incendiés : ce sont les rares images des massacres perpétrés au Kasaï, région au centre de la République démocratique du Congo (RDC). Elles ont été tournées par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) à Kamonia, près de la frontière avec l’Angola, où 33 000 réfugiés ont fui les violences. En visite sur place le 10 septembre, le nonce apostolique, Mgr Montemayor, représentant du pape François, a rappelé le nombre de victimes établi par l’Eglise catholique : 3 383 « décès signalés ». Ce bilan provisoire s’ajoute à celui des Nations unies, qui a recensé au moins 87 fosses communes. Elles auraient été principalement creusées par les forces armées congolaises au cours de la répression de l’insurrection lancée par le chef coutumier Kamwina Nsapu, tué dans un assaut en août 2016.

    Le conflit du Kasaï est né dans un contexte pré-électoral tendu en République démocratique du Congo (RDC), à quelques mois de la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila, le 19 décembre 2016. Il a également lieu dans des provinces aux enjeux économiques et stratégiques importants : de lourds investissements énergétiques ont été lancés par le gouvernement dans cette région diamantifère. Dans une note publiée par l’Institut français des relations internationales (IFRI), l’analyste Marc-André Lagrange revient sur les enjeux de cette crise, y voyant « le désordre comme art de gouverner». « Si la localisation de cette crise est inédite, ses modalités sont au contraire très familières, écrit-il. Cette crise sécuritaire provoque une crise humanitaire dans une région oubliée mais importante du pays, et permet de justifier un report des élections présidentielles, et le maintien du président Kabila au pouvoir. »

    Quelles frustrations politiques ont-elles été exprimées par la révolte Kamwina Nsapu ?

    Marc-André Lagrange La réforme des provinces congolaises, initiée en 2015 par le ministre de l’intérieur de l’époque, Evariste Boshab, a redessiné la carte des pouvoirs provinciaux. Aux Kasaï, les perdants sont les Luba, la principale population du Kasaï, qui ont vu leur poids politique au sein des institutions être réduit au profit d’autres groupes ethniques, dont les Tshokwe. Les premières revendications exprimées par Jean Prince Mpandi, l’initiateur de la rébellion Kamwina Nsapu, visent le gouvernement et le cycle électoral, mais ne sont pas liées au combat pour la démocratie de l’UDPS [Union pour la démocratie et le progrès social], le premier parti d’opposition en RDC, dont les Kasaï sont le bastion. Son opposition au gouvernement se place dans un rejet de ce redécoupage des pouvoirs locaux. La dérive ethnique de la crise, complètement indépendante des nominations de figures du Kasaï de l’UDPS et de l’opposition dans les deux derniers gouvernements, le montre suffisamment.

    Comment le conflit s’est-il propagé au-delà des provinces du Kasaï ?

    Des flux de populations déplacées à l’intérieur du pays sont arrivés dans les provinces avoisinantes du Kwilu, du Kwango et du Haut-Lomami. Le 25 août, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) rapportait l’arrivée de 26 000 déplacés internes dans le Kwilu et 2 000 dans le Kwango. Toutefois, il y a une gestion différentielle du risque lié à la présence des déplacés internes. Au Haut-Lomami, dans l’ex-province du Katanga, poumon économique de la RDC, les pouvoirs traditionnels, appuyés par le gouvernement, ont formé ou reformé des milices locales pour empêcher les déplacés de venir s’installer. A l’ouest, dans le Kwilu et le Kwango, le gouvernement laisse s’installer des déplacés dans des provinces pauvres sans réelle importance économique et à l’importance politique déclinante. Le Kwilu et le Kwango sont des bastions du PALU, un parti qui, bien que membre de la majorité au pouvoir, a récemment exprimé des réserves et une volonté de s’éloigner de la politique du clan Kabila.

    Quels liens peuvent-ils exister entre les différentes insurrections récemment observées dans les provinces congolaises : les Kongo au Bas-Congo, les Pygmées au Tanganyika, les Luba au Kasaï ?

    A ma connaissance, il n’existe pas de liens autres que les manœuvres du gouvernement pour instiguer des insurrections dans des provinces qui ne lui sont pas acquises. Les racines de chacune de ces insurrections sont très spécifiques et déconnectées les unes des autres. Toutefois, ces rébellions éclosent dans des provinces qui sont toutes proches de l’opposition. Opposition historique, comme au Bas-Congo (favorable depuis 2006 au MLC de Jean-Pierre Bemba, puis au BDM de Mwanda Nsemi) et aux Kasaï, bastion de l’UDPS. Ou opposition nouvelle comme le Tanganyika, un bastion des leaders du G7, l’opposition issue des anciens soutiens de Kabila. Si des prédispositions existaient, ces provinces ne présentaient pas, ou plus, de signes insurrectionnels avant l’été 2016. Or, si l’on examine les faits, dans chacun des cas le gouvernement a initié ou relancé ces conflits par des actions violentes de police contre des figures politiques locales : Jean Prince Mpandi au Kasaï, des chefs de guerre pygmées au Tanganyika, le leader de la secte BDK pour le Bas-Congo. On est face à une stratégie de déstabilisation interne menée par le gouvernement qui semble mener une guerre contre son propre peuple afin d’influer sur le déroulement du cycle électoral et permettre au président Kabila de rester au pouvoir au-delà des délais constitutionnels.

    Dans une précédente note de l’IFRI, vous tiriez un bilan extrêmement négatif des dix-sept ans de présence de la Monusco. La politique des Nations unies en RDC a-t-elle évolué avec la crise du Kasaï ?

    La politique de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco) n’a que très peu évolué avec la crise des Kasaï. Aujourd’hui, la Monusco est un acteur marginal dans la politique de la RDC qui n’a pour utilité que sa capacité d’appui logistique au processus électoral mis en place par le gouvernement. En demeurant incapable de mettre fin à la problématique des FDLR (groupe armé héritier des génocidaires rwandais de 1994), condition première pour l’installation de la démocratie dans la région, et en laissant s’installer dans les pays voisins des « démocratures » [dictatures déguisées en démocraties], les Nations unies ont acculé la Monusco à soutenir des processus électoraux de moins en moins crédibles au profit d’une stabilité régionale axée sur les échanges économiques. Bien sûr, cette impasse ne peut être réduite aux seuls échecs des Nations unies en RDC, mais elle doit être replacée dans le contexte de l’émergence politique du bloc des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et le déclin de l’influence des puissances occidentales sur le continent.

     

    Analyste pour l’IFRI, Marc-André Lagrange décrypte la stratégie de déstabilisation intérieure mise en place par le régime pour se maintenir au pouvoir.

    Mardi 12 Septembre 2017
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    Marc-André LAGRANGE

    interviewé par Pierre Benetti pour Le Monde 

    Délai de publication: 
    0jours

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    Français
    A MONUSCO Peacekeeper stands near the wreckage of a nepalese armored vehicle which was hit the previous year in an ambush from ADF militia in the Beni region, the 13th of March 2014.

    Pour en débattre, France Culture accueillait vendredi 15 septembre 2017 sur son plateau : 

    Joan Tilouine, grand reporter pour le journal Le Monde.

    Guillaume Devin, professeur des universités en sciences politique à Science Po Paris, chercheur au CERI

    Thierry Vircoulon, chercheur associé à l'IFRI, directeur du programme Afrique centrale d'International Crisis Group.

    Marc Semo, Grand reporter au journal Le Monde.

    Réécouter l'émission sur le site de France Culture

    À la veille de la 72ème Assemblée générale de l'ONU qui s'ouvrira le 18 septembre prochain, nous questionnons le rôle de l'ONU ainsi que sa capacité à maintenir la paix dans le monde.

    Vendredi 15 Septembre 2017
    France Culture
    Thierry VIRCOULON

    invité de l'émission Cultures Monde sur France Culture

    Délai de publication: 
    0jours

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    Français
    Conseil de Sécurité
    Image: 
    Jeudi 19 Octobre 2017

    De nombreux pays africains font l’objet de sanctions de la part des Nations unies ou de pays occidentaux, que celles-ci se traduisent par un embargo sur les armes, de sanctions économiques et commerciales ou par le gel d’avoirs de personnalités politiques. Bien que certains pays soient concernés par ces sanctions depuis plusieurs années, peu d’inflexions notables sont observées dans les pratiques de ces régimes. Dès lors, il convient de s’interroger sur l'efficacité de ces mesures. 

     

    Les sanctions internationales, pourquoi et pour quelle efficacité ?

    14h00-15h45

    EJ Hogendoorn, International Crisis Group (ICG)

    Issa Maraut, Ancien diplomate et membre du panel des experts des Nations unies au Soudan

    Pierre-Arnaud Lotton, Service européen pour l'action extérieure (SEAE)

    Modération : Alain Antil (Ifri)

     

    Quels effets sur les populations et régimes africains ?

    16h-18h

    Farai Maguwu, Centre for Natural Resource Governance (CNRG) - Zimbabwe

    Bernard Leloup, Ancien membre du panel des experts des Nations unies sur la RDC

    Charles Ndayiziga, Centre de recherche et de prévention des conflits (Cenap) - Burundi

    Modération : Thierry Vircoulon (Ifri)

     

    Paris
    Public

    Dans le cadre de l'Observatoire de l'Afrique australe et des Grands Lacs, l'Ifri co-organise avec la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère des Armées (DGRIS) cette conférence sur l'impact des sanctions internationales en Afrique.

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    Adresse: 
    27 rue de la Procession 75015 Paris
    Contact avec les organisateurs: 

    Pour plus d'informations sur le débat, veuillez contacter Victor Magnani (magnani@ifri.org)

    ID CRM Eudonet: 
    1374

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    Français
    Un véhicule de la mission de maintien de la paix au Congo (Monusco), l'opération la plus importante de l'ONU dans le monde.

    Lors de la réunion de l’Assemblée générale de l'ONU en septembre, l’administration américaine – son principal bailleur de fonds – a annoncé la réduction de sa contribution de 1,3 milliard et a défini une nouvelle politique par la voix du vice-président Mike Pence :

     

    « En bref, quand une mission sera couronnée de succès, nous y mettrons un terme. Si elle n’atteint pas les objectifs fixés, nous la remanierons. Et si une opération se solde par des échecs répétés, nous y mettrons un terme  ».

    Avec un budget de 7,8 milliards et 15 missions qui semblent sans fin, l’ONU est mise en demeure de réduire le nombre de Casques bleus qui émargent à son budget, quelque 95 000 aujourd’hui.

    Évidemment, vue d’Afrique, cette nouvelle approche peut sembler dangereuse et même contre-productive au moment où tous les signes précurseurs d’un nouveau conflit sont réunis en République démocratique du Congo (RDC) – le président Joseph Kabila espère rester au pouvoir en repoussant les élections d'une année à l'autre, ce qui conduit à la remobilisation des groupes armés la ville d'Uvira–, où la Centrafrique se désagrège lentement mais sûrement et où les accords de paix pour régler les conflits malien et sud-soudanais ne sont toujours pas appliqués deux ans après leur signature.

    Mais ce paradoxe n’est qu’apparent. En effet, dans les couloirs des Nations unies à New York, dans les chancelleries occidentales et sur le terrain en Afrique, personne ne croit que les Casques bleus vont empêcher un nouvel embrasement de la RDC, désarmer les groupes armés en Centrafrique et imposer l’application des accords de paix au Mali et au Sud-Soudan. La raison en est simple : depuis plus de dix ans, les Nations unies sont à la résolution des conflits ce que l’homéopathie est au cancer.

    De la résolution de conflit à la stabilisation-enlisement

    Plus la machine onusienne de maintien de la paix se professionnalise avec un département dédié (le Département des opérations de maintien de la paix, DOMP, dirigé depuis 20 ans par un représentant français), plus les missions s’enlisent et perdent leur sens. En Afrique, les derniers succès du maintien de la paix remontent au début du siècle : Sierra Leone, Liberia, Burundi. De ce fait, les cadres du DOMP ont intériorisé l’idée que les missions de maintien de la paix ne sont plus déployées pour résoudre les conflits mais pour les « stabiliser ». Définie dans les couloirs du Conseil de sécurité par la protection des civils et le rétablissement de l’autorité de l’État, cette soi-disant stabilisation est, en réalité, synonyme d’enlisement sur le terrain.

    Érigée en priorité numéro un des missions de maintien de la paix après Srebrenica (en 1995) et le génocide rwandais (1994), la protection des civils reste un objectif illusoire – faute d’être partagé par les pays fournisseurs de Casques bleus. En 2014, le responsable de la Monusco en RDC a dû s’excuser publiquement de la passivité des Casques bleus lors du massacre de Mutarule. Au Sud-Soudan, un rapport d'enquête de l'ONU sur les violences de juillet 2016 à Juba a mis en évidence le refus des Casques bleus de répondre aux appels à l’aide. En Centrafrique, au moins une enquête interne est en cours sur le comportement des Casques bleus lors d’un massacre récent.

    Malgré l’ampleur des violences contre les populations réfugiées à proximité ou dans les bases de l’ONU au Sud-Soudan, les 15 membres du Conseil de sécurité ne sont pas parvenus à un consensus lors du vote de la résolution créant une force de protection en 2016. Alors que la protection des civils est vue comme une politique humaniste par une partie des membres du Conseil de sécurité, elle est perçue comme une dangereuse lubie antigouvernementale par l’autre partie (en particulier, la Russie et la Chine).

    Rétablir un État… qui n’existe pas

    La seconde priorité des missions « de stabilisation » – trois missions de maintien de la paix sont officiellement nommées ainsi en Afrique : Mali, Centrafrique et RDC – est le rétablissement de l’autorité de l’État. Cette formule à la résonance prétorienne veut simplement dire que les territoires du pays concerné doivent être administrés par les représentants de l’État et non par des groupes armés.

    Des Casques bleus bangladais de la Monusco, ici en Ituri (est de la RDC), en 2004. La population congolaise leur reproche leur passivité. Thierry Vircoulon

    Outre le fait qu’elle entretienne la confusion pratique entre État et gouvernement, cette formule escamote quelques réalités politico-historiques : le gouvernement central a-t-il jamais dirigé ces territoires ? En a-t-il seulement les moyens ? Est-il accepté par les populations ? Sinon, pourquoi ?

    Les missions de stabilisation sont mandatées par le Conseil de sécurité pour rétablir une autorité de l’État dans des régions (l’Est congolais, le nord du Mali et de la Centrafrique) où cette absence d’autorité est le résultat d’une longue absence de légitimité. Des élections financées et organisées à la va-vite par la communauté internationale sont censées combler, en quelques semaines, ce déficit historique. Les problèmes existentiels de ces pays qui durent depuis l’indépendance sont poliment ignorés dans l’enceinte onusienne, où le principe cardinal est la souveraineté des États, quel que soit leur degré d’existence réelle.

    Des missions par qui le scandale arrive

    En s’enlisant, les missions font plus partie du problème que de la solution. Leur gouvernance se révèle problématique. D’une part, elles deviennent des machines à scandales et perdent leur crédibilité. En zone de guerre, le temps contribue à l’enracinement des mauvaises habitudes et à la consolidation des intérêts, y compris de ceux des Casques bleus. À New York, les missions de maintien de la paix sont celles par qui le scandale arrive : information biaisée et dissimulée sur les crimes au Darfour (Minuad), refus de protéger les civils au Sud-Soudan (Minuss) et trafics et abus sexuels en Centrafrique et au Congo (Monusco et Minusca).

    Une rapide recherche sur Internet montre que les missions de maintien de la paix défraient plus la chronique pour leurs abus sexuels que pour avoir rétabli la paix. À ce titre, la Monusco détient le record : sur un total de 2 000 accusations d’abus sexuels portées contre les Casques depuis 12 ans, 700 proviennent du Congo. Loin d’être inconnus des populations et du gouvernement, les dérapages des Casques bleus contribuent à leur discrédit local et offrent un intéressant levier de chantage. Comme le DOMP est la machine à scandales de l’ONU, on se demande pourquoi la diplomatie française y tient tant.

    D’autre part, malgré les promesses qu’elles claironnent, les missions finissent par ne plus être un acteur de changement mais de conservation. Depuis 1999, les Nations unies ont dépensé 15 milliards de dollars dans une mission de maintien de la paix en RDC sans parvenir à neutraliser les groupes armés et à démocratiser le régime. Leur leadership penche presque toujours du côté du pouvoir en place et leur neutralité est vite compromise par de petits arrangements.

    Au Mali, en RDC et en Centrafrique, les missions ont pour mandat d’appuyer les efforts de gouvernements dont elles taisent la corruption pour conserver leur bienveillance et éviter que ces gouvernements déclarent persona non grata le personnel de l’ONU. Ces missions fournissent à ces gouvernements une protection et une légitimité de façade dont ils usent et abusent contre leur population. En RDC, par exemple, la Monusco a fourni un soutien logistique et militaire à une armée qui s’illustre par ses violations des droits de l'homme. À la fin du mois de septembre, elle a une fois de plus servi d'auxiliaire de l'armée congolaise contre les miliciens maï-maï à Uvira.

    Incapables de régler les conflits, les missions de maintien de la paix se contentent dorénavant de les accompagner dans la durée. Les membres du Conseil de sécurité n’ont ni le courage de voter le désengagement (à cause d’un précédent tragique : le génocide rwandais) ni le courage de leur accorder les moyens nécessaires et définir une vraie stratégie de résolution de conflit. Ce qu’on appelle pompeusement une « solution politique ». Pour éviter de faire des arbitrages difficiles, ils optent pour un consensus négatif (le ni… ni…) autour d’une « politique de paix » qu’ils savent pertinemment inefficace pour au moins trois raisons.

    Le triple secret de l’inefficacité des missions de maintien de la paix

    1. L’impuissance militaire

    Les missions de maintien de la paix n’ont pas de force militaire. Les 95 000 Casques bleus ont toutes les apparences d’une armée (uniformes, armes, véhicules et hélicoptères de combat et maintenant des drones de surveillance), mais ils ne sont pas une armée. Il n’y a pas une chaîne de commandement mais au moins deux (le Force Commander de la mission et la capitale du pays contributeur de troupes), et surtout combattre (ou prendre le risque de combattre) est parfois totalement exclu de la mission.

    Dans le cadre des négociations discrètes entre l’ONU et les pays contributeurs de troupes, certains d’entre eux négocient âprement le périmètre de leur mission et en excluent parfois l’usage de la force prévu pourtant par le chapitre VII de la charte des Nations unies. Le retrait des Casques bleus japonais de la Minuss et le scandale politique interne qui a suivi correspondaient à ce type de restrictions d’emploi négociées secrètement.

    Cette différence entre l’apparence et la réalité des Casques bleus est au cœur de l'incompréhension (et du ressentiment) entre l’ONU et les populations qui ne comprennent pas pourquoi des milliers d’hommes en uniformes déployés avec des moyens de combat ne combattent pas. Cette différence entre l’endroit et l’envers des Casques bleus relativise l’argument selon lequel le principal problème du maintien de la paix serait quantitatif, à savoir le manque de troupes. À quoi servirait-il d’augmenter troupes, matériel et budget si un accord secret interdit de s’en servir ?

    2. L’absence de stratégie

    Dans de nombreux cas, les missions de maintien de la paix n’ont tout simplement pas de stratégie de résolution du conflit. Elles jouent un rôle de substitut aux pressions politiques que les grands acteurs internationaux ne veulent pas faire sur leurs « pays-clients » et à l’absence de stratégie de résolution de conflit.

    Le meilleur indice de cette absence est le mandat des missions. Tel que défini par le Conseil de sécurité, ce mandat n’est qu’un copié-collé de mandats précédents dans d’autres pays. Les mandats de la Minusca, la Monusco et la Minusma sont à 80 % les mêmes : programme de désarmement, démobilisation et réinsertion pour les groupes armés, réforme du secteur de la sécurité, justice transitionnelle, promotion des droits de l’homme, etc. Peu importe que les conflits, les acteurs et les pays soient différents, l’ONU promeut toujours le même modèle de paix (peace template), du Mali à la RDC.

    Des Casques bleus pakistanais en Ituri, dans l'est du Congo (en 2004). Thierry Vircoulon

    Les mandats des missions ne contiennent pas une stratégie de résolution de conflit mais une liste standardisée de mesures qui ont déjà échoué ailleurs. Paradoxalement, les missions de maintien de la paix sont toujours en quête de leur théorie du changement. Cela est dû à deux facteurs : les intérêts bien compris de certains pays du Conseil de sécurité – en tant que fidèle allié du Maroc, la France a joué son rôle au Conseil de sécurité pour rendre la Minurso (créée en 1991 et censée régler le problème du Sahara occidental) complètement ineffective – et l’absence d’imagination de la bureaucratie onusienne. Comme nous le confiait un de ses employés, « à l’ONU, on travaille beaucoup mais on ne fait pas grand-chose. »

    3. Une doctrine périmée

    Plusieurs pays (et non des moindres comme la Chine et la Russie) s’opposent à l’adaptation indispensable de la doctrine du maintien de la paix aux nouveaux conflits.

    Formalisée en 2008 avec le rapport Capstone, cette doctrine n’est plus en phase avec les conflits actuels. Les conflits du XXIe siècle ne sont plus le résultat de rivalité d’États dotés d’armées conventionnelles mais de menace terroriste (Mali, Somalie) ou de prédation conflictogène historique (RDC, Centrafrique). Dans ces contextes, tous les accords de paix sont signés de mauvaise foi et personne ne respecte le droit de la guerre.

    Contrairement à une certaine interprétation, dans ces conflits du XXIe siècle la solution n’est pas « d’imposer la paix » mais de créer les conditions de sa négociation et de son respect. En Centrafrique, au Mali et au Sud-Soudan, il faut inverser le rapport de force sur le terrain et sanctionner ceux qui violent les accords de paix. Mais à l’ONU, il n’y a pas de consensus sur cette évolution vers la mal-nommée « imposition de la paix » qui mettrait en adéquation la doctrine et la réalité du terrain.

    Faute d’un consensus entre les membres du Conseil de sécurité et les pays contributeurs de troupes, depuis plusieurs années les nombreuses recommandations des nombreux rapports sur la réforme du maintien de la paix restent obstinément lettre morte. Sur le terrain, ce refus de l’imposition de la paix se traduit par le fait que, face aux violations des accords de paix et aux exactions contre les civils, la Minusca (en Centrafrique) en est réduite à avertir les groupes armés que leurs « actes constituent de graves violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme, qui pourraient constituer des crimes de guerre dont elles assumeront toutes les responsabilités pénales devant les juridictions nationales et internationales compétentes ».

    Après les États-Unis, à qui le tour ?

    Après la dernière Assemblée générale de l’ONU, tout indique que le consensus négatif – ni désengagement ni volontarisme politique – qui rend inefficaces les missions de maintien de la paix va durer. En Afrique, les missions de maintien de la paix vont continuer à faire un médiocre travail de gardiennage d’États qui n’existent plus ou existent à peine à force d’être systématiquement pillés depuis l’indépendance par une coalition d’élite locale et de profiteurs étrangers.

    The ConversationConfrontée à cette impasse, l’administration américaine en a tiré la conséquence qui s’imposait : se désengager financièrement. Elle risque de ne pas être la seule à choisir cette voie.

     

    La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

     

    En matière de maintien de la paix, les Nations unies sont maintenant au pied du mur.

    Mercredi 11 Octobre 2017
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    Thierry VIRCOULON

    article paru sur le site de The Conversation

    Délai de publication: 
    0jours

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    Français
    White pills African map

    Depuis plusieurs années cependant, se développe une consommation locale de plus en plus importante, tirée à la fois par l’émergence d’une classe moyenne et une politique de l’offre des mafias – nigérianes principalement[1]– contrôlant le trafic dans la région. Si cette consommation de stupéfiants importés et de leurs dérivés constitue un enjeu croissant, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest sont également confrontés à une forte hausse de la consommation d’autres produits, dont le Tramadol[2], analgésique opioïde[3] de synthèse. Parfois acheté dans les officines pharmaceutiques, plus souvent obtenu hors des circuits officiels (et éventuellement contrefait ou falsifié), ce produit n’est pas une spécificité du sous-continent ouest-africain. Ceci étant, son usage s’y est considérablement développé depuis quelques années, notamment au Sahel.

    Des saisies importantes ces dernières années

    Plusieurs saisies témoignent de l’importance de la circulation du Tramadol en Afrique de l’Ouest ces dernières années[4]. Entre février et octobre 2012, 24 conteneurs transportant près de 130 tonnes de ce produit ont été interceptés au Bénin, au Ghana, au Sénégal et au Togo. Deux ans plus tard, en 2014, les services mixtes de contrôle portuaire de Cotonou (Bénin) et Tema (Ghana) saisissaient plus de 43,5 tonnes. Ces saisies, si elles se concentrent dans les ports du golfe de Guinée, sont loin de s’y limiter. En janvier 2016, la police nigérienne découvrait 7 millions de comprimés[5], une prise record dans un pays considéré comme la principale destination des comprimés déchargés au Bénin ou au Ghana mais où les saisies sont généralement de faible ampleur.

    Une particularité des comprimés saisis en Afrique de l’Ouest est leur dosage. Loin des 50 milligrammes habituels dans les pharmacies, les emballages – à l’iconographie évoquant la force, la vitalité ou la vigueur – mentionnent 100, 200, 250 milligrammes de substance active…

    La plupart du temps, ce Tramadol vient d’Inde, pays qui a développé une industrie pharmaceutique importante au moment de la reconnaissance légale des médicaments génériques dans les années 1970 et qui est un acteur mondial majeur pour les médicaments contrefaits[6]. Au milieu des années 2000 par exemple, l’Inde comptait 20 000 producteurs de médicaments, la plupart de petite taille et spécialisés dans les génériques, et environ 800 000 distributeurs[7]. L’Inde n’est cependant pas le seul pays producteur. Selon l’Organe international de contrôle des stupéfiants, du Tramadol viendrait aussi de Chine. De même, des soupçons existent sur une production locale au Nigeria.

    Une consommation exponentielle

    Il n’existe pas de données fiables sur la consommation de drogues en Afrique de l’Ouest. Cependant, on estime que l’usage abusif de Tramadol a fortement augmenté, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Depuis quelques années, dans la ville de Gao par exemple, un nombre croissant de jeunes – hommes et femmes – consomment des comprimés acheminés du Niger[8]. Si le Sahel est particulièrement concerné, cette région de l’Afrique de l’Ouest est loin d’être la seule affectée. Selon des données du Réseau épidémiologique sur l’usage des drogues au Nigeria (NENDU), 71 % des usagers nigérians d’opiacés sur l’année 2015 ont déclaré que le Tramadol était le produit le plus fréquemment consommé[9].

    Son coût est le principal facteur qui explique ce succès. Au Sahel par exemple, le comprimé est généralement vendu entre 10 et 50 CFA selon les pays, soit un montant bien inférieur aux dérivés de la cocaïne et de l’héroïne. Des écarts importants sont toutefois observables selon le lieu et la demande : dans les sites miniers du sud du Mali, le comprimé coûte 150 à 200 CFA ; sur les plateaux du Djado (région d’Agadez, Niger), où s’est développée, depuis 2014, une importante activité d’orpaillage, il se négocie jusqu’à 1 000 CFA[10]. Quatre autres facteurs peuvent cependant également être avancés : la perception associant le Tramadol à un médicament ; la facilité de transport et de dissimulation[11] ; la disponibilité auprès des pharmacies dites « par terre » (un vendeur avec des sacs de médicaments, un étal ou un tissu étendu sur le sol sur lequel reposent boîtes, comprimés, récipients divers…[12]) ; les sanctions moins sévères pour le possesseur de Tramadol que le possesseur de drogue.

    Les données sur la consommation sont limitées. Celles disponibles attirent néanmoins l’attention sur des pratiques différenciées et le profil des consommateurs. D’une part, deux modes de consommation sont observables[13] : une consommation collective, principalement par des jeunes (regroupements festifs, travaux collectifs, pratiques toxicomanes de groupe) ; une consommation individuelle souvent indépendante de l’âge (augmentation de la force ou de l’endurance pour un travail physique, résistance à la chaleur, recherche de performances sexuelles…). D’autre part, parmi les consommateurs identifiés, la jeunesse masculine est surreprésentée. Si cette surreprésentation peut être liée aux vertus sexuelles supposées du Tramadol, au poids démographique de la jeunesse, à l’émulation au sein d’un groupe, une autre hypothèse est que les femmes ne se présentent que rarement pour des thérapies relatives à une addiction de crainte d’être socialement stigmatisées alors qu’il y a une certaine tolérance pour les jeunes hommes[14]. Plus important, la consommation de Tramadol s’est généralisée. « Le Tramadol est une drogue largement utilisée dans les écoles, et les élèves se disent que cela ouvre l’esprit », observe Mariam Diallo Zoomé, secrétaire permanent du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD) burkinabé[15]. Une tendance loin d’être spécifique au Burkina Faso. Au Niger, plusieurs écoliers et étudiants ont été interpellés en possession de comprimés ces dernières années.

    Un enjeu sociétal

    Les prises répétées de Tramadol provoquent une dépendance. Pour éviter maux de tête et douleurs aux articulations, pour que les effets antidouleur ou euphorisants de la molécule continuent d’être perceptibles, les doses doivent être régulièrement augmentées. Sur 47 consommateurs de Tramadol rattachés aux centres d’écoute du Service éducatif, judiciaire et préventif (SEJUP) de Niamey, interrogés dans le cadre d’une étude publiée en novembre 2012, la consommation moyenne était de 1 450 milligrammes par jour (en deux prises), avec pour l’une des personnes 4 500 milligrammes[16].

    Outre, la dépendance qu’il génère, le Tramadol peut entraîner diverses complications dont des crises convulsives[17]. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces convulsions sont souvent liées à un facteur de prédisposition, tel qu’une épilepsie, un syndrome de sevrage alcoolique ou médicamenteux, ou un traitement antidépresseur. Ces effets toxiques peuvent toutefois être directement provoqués par le médicament, le surdosage entraînant bradycardie, convulsions, dépression respiratoire et coma[18]. À noter que ces risques sont accrus par le mode de consommation. Le Tramadol est en effet dilué dans du café, du thé et parfois associé à d’autres stupéfiants ou à de l’alcool, cette dernière substance étant réputée pour prolonger ses effets.

    La forte consommation de Tramadol a aussi des incidences sur l’ordre public du fait de ses effets secondaires : étourdissements, sensation d’euphorie, agitation, anxiété et hallucinations, contribuant notamment à altérer le rapport à la peur et à la douleur. Le Tramadol est d’ailleurs communément associé aux accidents de la route ou à des violences volontaires. De même, des comprimés ont été retrouvés auprès de combattants de Boko Haram[19], ainsi que sur un assaillant lors des attaques d’Agadez et d’Arlit en 2013, revendiquées par Mokhtar Belmokhtar.

    Si l’OMS n’a pas placé le Tramadol sous contrôle international, l’attention internationale tendant à se focaliser davantage sur la cocaïne, l’héroïne ou les méthamphétamines, les saisies et les indices d’une consommation en explosion ne doivent pas faire oublier cette « cocaïne du pauvre ». Le Nigeria a d’ailleurs placé ce produit sous contrôle national en 2010, tandis que le Niger réglementait en décembre 2013 sa vente et sa consommation. Cette approche normative ne constitue toutefois qu’une étape d’une lutte qui doit reposer sur une mobilisation de la société civile et des campagnes de communication sur les risques liés à la consommation de Tramadol. Encore que ces mesures risquent d’achopper sur deux écueils : le premier est que la consommation de stupéfiants renvoie à une « radicalité de la survie » ; le second est lié à un besoin accru de données et d’études sur les différents produits consommés, leurs perceptions et les pratiques de consommation, pour à la fois sensibiliser la société civile, les acteurs nationaux, et renforcer la capacité des administrations spécialisées et des organisations internationales à apporter des réponses à la toxicomanie fondées sur des données.

     

    [1]. S. Ellis, This Present Darkness: A History of Nigerian Organised Crime, Londres, Hurst, 2016.

    [2]. Le Tramadol est connu sous d’autres appellations : Tra, Tramol-Monsieur, Maiguwa, Goudou…

    [3]. Les opiacés sont des substances dérivées de l’opium. Ces produits sont d’origine naturelle ou synthétique. Les opioïdes désignent toute substance se liant à un récepteur cellulaire des opiacés. Ils agissent sur le système opioïde cérébral, principalement par leur activité sur les récepteurs neuronaux.

    [4]. Organe international de contrôle des stupéfiants : Rapport 2015 et Rapport 2016, mars 2016 et mars 2017.

    [5]. ONUDC, Programme Sahel. Rapport d’activité, juin 2017, p. 13. Plusieurs saisies récentes de comprimés dans le nord du Niger étaient destinées à la Libye (entretien, Niamey, septembre 2017).

    [6]. C. Niauffre, « Le trafic de faux médicaments en Afrique de l’Ouest : filières d’approvisionnement et réseaux de distribution (Nigeria, Bénin, Togo, Ghana) », Notes de l’Ifri, mai 2014.

    [7]. G. Swaminath, « Faking it – The Menace of Counterfeit Drugs », Indian Journal of Psychiatry, octobre-décembre 2008, n° 50 (4), p. 238-240.

    [8]. Entretien, Dakar, août 2017.

    [9]. Cité par ONUDC, Programme régional pour l’Afrique de l’Ouest (2016-2020), New York, Nations unies, 2016, p. 28.

    [10]. Entretiens, Bamako et Niamey, mars et mai 2017.

    [11]. ONUDC, World Drug Report 2017. Booklet 2: Global Overview of Drug Demand and Supply. Latest Trends, Cross-Cutting Issues, New York, Nations unies, mai 2017, p. 38.

    [12]. Les pharmacies officielles et les centres de santé sont en effet loin d’être le mode de diffusion majoritaire des médicaments. Il va sans dire que les « pharmacies par terre » ne sont pas contrôlées par les autorités.

    [13]. D. D. Maiga, H. Seyni et A. Sidikou, « Représentations sociales de la consommation de Tramadol au Niger, perceptions et connaissances des communautés : enjeux pour les actions de lutte », African Journal of Drug & Alcohol Studies, n° 12 (1), 2013, p. 53-61.

    [14]. A. W. Ibrahim et al., « Tramadol Abuse among Patients Attending an Addiction Clinic in North-Eastern Nigeria: Outcome of a Four Year Retrospective Study », Advances in Psychology and Neuroscience, vol. 2, n° 2-1, 2017, p. 31-37.

    [15]. Cité dans VOA, « Le Tramadol, une nouvelle drogue à la mode qui sévit au Burkina Faso », 22 août 2016.

    [16]. D. D. Maiga et al., « Mésusage du Tramadol par les adolescents et jeunes adultes en situation de rue », The Pan African Medical Journal, 18 novembre 2012.

    [17]. D. D. Maiga et al., « Crise convulsive chez les abuseurs de Tramadol et caféine: à propos de 8 cas et revue de la littérature », The Pan African Medical Journal, 3 octobre 2012.

    [18]. OMS, Comité OMS d’experts de la pharmacodépendance. Trente-troisième rapport, série de Rapports techniques, Genève, 2003, p. 14.

    [19]. V. Hugeux, « Au Tchad, les naufragés de l'ouragan Boko Haram », L’Express, 10 mars 2015.

    L’image de l’Afrique de l’Ouest comme zone de transit de drogues, contribuant à enrichir de multiples acteurs, est largement répandue. 

    Tramadol, médicament et drogue du pauvre en Afrique de l’Ouest et au Sahel
    Jeudi 12 Octobre 2017
    Couverture Tramadol au Sahel
    Antonin TISSERON
    L'Afrique en questions, n° 39, 12 octobre 2017
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    Un soldat mauritanien s'entraîne à viser lors du Flintlock 2013

    Ces programmes se traduisent par des actions de formations et le déploiement de conseillers militaires, ainsi que par l’apport d’une aide matérielle et financière aux différentes armées d’Afrique sub-saharienne. Cependant, la coopération militaire rencontre un certain nombre d’obstacles dus à la nature même des armées africaine et à leur faible professionnalisation. Malgré le sentiment de frustration qu’elle engendre parfois pour les conseillers, la coopération militaire en Afrique exerce une indéniable influence, bien visible sur le temps long, ce qui en fait un outil stratégique de premier ordre. D’importants défis demeurent toutefois à relever et le chemin est encore long. Pour ce faire, il faudra développer la coopération « par le bas », via le déploiement de conseillers au niveau opérationnel, ainsi que « par le haut » en vue d’une réforme du secteur de sécurité qui seule permettra d’apporter aux armées africaines les changements progressifs mais soutenus dont elles ont besoin.

    De très nombreux acteurs sont aujourd’hui impliqués dans des programmes de coopération militaire visant à renforcer les armées africaines et à nouer des partenariats privilégiés. 

    Coopérer avec les armées africaines
    Lundi 23 Octobre 2017
    cooperer_armees_africaines.jpg
    Aline LEBOEUF
    ISBN / ISSN: 
    978-2-36567-783-7
    Focus stratégique, n° 76, octobre 2017
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    capture_decran_2017-11-29_a_16.33.59.png

    Interview avec EJ Hogendoorn, Africa Deputy Porgram Director, International Crisis Group's
    Vidéo disponible en anglais

     

     

     

    De nombreux pays africains font l’objet de sanctions de la part des Nations Unies ou de pays occidentaux, qui se traduisent par un embargo sur les armes, de sanctions économiques et commerciales ou par le gel d’avoirs de personnalités politiques. Quel est le rôle des ONG internationales dans ce processus ?

    Vendredi 03 Novembre 2017

    EJ Hogendoorn

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    Bukavu

    Berceau historique de nombreux mouvements d’opposition, cette province vient de connaître un renouvellement sans alternance de son gouvernement en août 2017 et la résurgence d’une rébellion Maï-Maï à la fin du mois de septembre. Du fait de son histoire et de sa position stratégique, cette province peut jouer un rôle clé dans un futur proche alors que la promesse d’une élection présidentielle en décembre 2017, contenue dans l’accord de la Saint-Sylvestre, ne sera pas honorée.

    En réaction à la forte détérioration du contexte socio-économique caractérisée par une hausse du coût de la vie, des mouvements de protestation s’organisent dans la fonction publique. S’ajoute à cela l’insécurité qui affecte certains territoires du Sud-Kivu. Nous verrons également comment les organisations de la société civile tentent de trouver des solutions concrètes aux problèmes locaux et trouvent un écho auprès de la population.

    Cette note met en évidence l’absence d’effort de développement, la paralysie des institutions, le système provincial corrompu, la fragmentation quasi générale des structures sociopolitiques (partis, églises, associations) et le mécontentement de la population face à la double crise politique et économique qu’elle subit.

    Alors que la République démocratique du Congo (RDC) s’enfonce dans une crise multiforme, la province du Sud-Kivu frontalière avec le Rwanda et le Burundi mérite une attention particulière. 

    En attendant les élections : la crise congolaise vue de Bukavu
    Vendredi 08 Décembre 2017
    couv_bukavu.jpg
    Justin MWETAMINWA
    Notes de l'Ifri, décembre 2017
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